Carnet de courses


Allalinhorn - août 2001

"On s'est donc retrouvés au Britaniahütte, au dessus de Saas Fee en fin d'après midi et de là il nous a montré la course qu'il avait envie de faire: l'Allalinhorn, par l'arête nord !!! rien que ça...tout en nous laissant le choix entre deux autres, moins beaux et moins intéressants, d'après lui, mais plus faciles... ben tiens... devine lequel on a fait...!?...j'ai observé aux jumelles la voie par laquelle il voulait nous faire passer et ai poussé les hauts cris !!! AU SECOURS !!! il est fou, ça a l'air hyper raide, super vertigineux tout le long et, en plus il y a un passage de rocher pas piqués des vers, avant le sommet... "ça va pas la tête, si tu t'imagines que tu peux m'emmener là-haut, autant appeler l'hélico tout de suite !... non mais... j'y arriverai jamais !...je reste ici "... Antoine se marre et me promet que j'y arriverai sans problème et que je serai ravie et subjuguée par la beauté des lieux... ben tiens, sur l'arrête tout le temps la vue risque, en effet d'être magnifique des 2 côtés..." mais si je pète de trouille sans arrêt, ça me fait une belle jambe et tu ne pourras pas me porter sur ton dos !... et j'ai aucune envie de voir le ravin de tout près, si je dévisse..." Antoine reste d'un calme et me rassure d'une manière tout a fait incroyable...je ne sais toujours pas comment il s'y est pris, mais le fait est que j'ai dormi sans problèmes (alors que j'étais sure de ne pouvoir fermer l'oeil de la courte nuit de crainte et d'appréhension...) réveil a 3 h et départ à la lampe frontale pour un bon bout de temps... on marche sous les étoiles, avec le seul bruit des tes crampons qui crissent sur la neige, le froid de la nuit et la solitude des grands espaces... on arrive sur l'arrête au premières lueurs de l'aube, le soleil pointe son nez et les choses sérieuses commencent, fini le glacier et les crevasses mais en avant les a pics vertigineux de chaque côtés de la crète...et il a raison, Antoine, je ne pense plus au danger, je marche dans ses traces, un pied devant l'autre, en pensant à souffler... et je ne vois rien d'autre qu'un paysage absolument a couper le souffle, a gauche et a droite..., la beauté du moment présent, les couleurs vives du petit matin, le silence, la majesté des lieux et le bonheur d'être là...je ne pense même plus à avoir peur, tout simplement... les rochers tant appréhendés se réveillent d'une facilité déconcertante... Antoine se moque gentiment... et voilà le sommet!!!!!!! je tombe dans les bras de notre guide, il est ravi de voir notre bonheur, il est content de nous, je suis folle de joie et Valérie également...je n'y croyais pas, mais quelle joie profonde !!! quelle course magnifique, ah oui, ça en valait la peine, et pas qu'un peu !!!!!! il avait raison ce salopard¨! je ne sais pas trop comment j'ai fait mais tout ce que je sais c'est que sans lui je je ne l'aurais jamais fait...waw!¨! envolée la fatigue, je suis prête à continuer de plus belles, Antoine et Val se marrent... on redescend par la voie normale, de l'autre coté de la montagne, je plane sur mon nuage, sans même me rendre compte qu'encorde és, il y a certaines règles à respecter, glacier oblige,...rappel à l'ordre... je saute ,je vole, je chante...on croise quelques cordées qui montent, elles, par la voie normale ..."
Anne Catherine, Glion


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