LEYSIN ALIVE
n°1 - janvier 2000

LE FREERIDE A LEYSIN
Texte Alan Delizée
Photos : Alan Delizée & Salomon


Depuis quelques années, le marché du ski, en réaction à la la déferlante snowboard, s'est considérablement développé, entraînant avec lui beaucoup d'innovations au niveau du matériel, des mentalités ou des terrains de jeu. Toutes ces nouveautés ont donné naissance à une nouvelle discipline: le freeride. Il séduit de plus en plus d'adeptes et procure un sentiment de liberté incomparable. Celui qui fut un concurrent pendant des années doit être remercié - si, je vous l'assure! - pour avoir aiguillonné son collègue bipède afin qu'il renaisse.

Et quelle renaissance ! Free ride, free style, carving, pente raide, skis larges taillés, tout a été conçu dans le plus pur plaisir des sensations et de la glisse en dehors des piquets donnant à la jeune génération un outil neuf et lui ouvrant ainsi des horizons insoupçonnés. Une nouvelle religion est née...
Le mot d'ordre est donné : plus vite, plus haut, plus fort, plus raide et plus grand... pour ceux qui aiment vivre vite et intensément.
Et Leysin dans tout ça ?
Des événements voient le jour dans des stations prestigieuses comme Chamonix avec le Red Bull Race ou plus traditionnellement le Derby de la Meije à la Grave hérités des grandes compétitions du circuit américain de freeride.

Notre station adorée des Alpes vaudoises, connue pour son dynamisme au niveau du snowboard, ne peut qu'accueillir ces chasseurs de grandes courbes à bras ouverts. Et pourquoi donc ? Tout simplement parce que Dame Nature l'a pourvue de quelques runs d'anthologie qui resteront gravés dans les mémoires à tout jamais. Voyons cela...

Rappelons-nous d'une belle journée de février et sa couche de poudre étincelante. En bon guide qui se respecte, j'enfile mon sac de montagne sur mes épaules après avoir contrôlé tout mon matériel personnel : pelle, sonde, radio, un brin de corde et DVA (détecteur de victime d'avalanche), je contrôle également le DVA de mon ami qui m'accompagne.

En arrivant à la Berneuse, je m'arrête pour profiter de la vue, sublime! Les Tours ont été '.crépies" durant la nuit sous les assauts répétés du vent et de la neige leur conférant une allure patagonienne. Derrière moi, au loin, apparaissent des sommets prestigieux qui semblent à portée de main : Les Drus, l'Aiguille Verte, le Mont Blanc, les Dents du Midi. Le spectacle est féérique.
Je ne tarde pas à enfiler mes "X-scream" fétiches pour me diriger vers le couloir Stoll. La descente du couloir, de bon matin: le meilleur des réveils dans une poudre de rêve, je vous l'assure.

Bon. Suite du feuilleton, direction Chaux-de-Mont au dessus du lac d'Aï, pas trop "chaud" au niveau avalanche. En effet le bulletin avalanche, affiché au bureau des guides, annonce un Degré 2 de danger et mes observations sur le terrain me confortent dans cette appréciation.
J'y vais donc l'esprit tranquille mais toujours aux aguets car la mort blanche c'est vraiment pas mon truc! D'ailleurs plus on en sait, mieux on peut "lâcher les chiens" au bon moment et au bon endroit. La crête de Chaux-de-Mont est bien formée, une corniche permet la mise sur orbite des "space freeriders". Bonjour le vol!

Dans ma première montée en télésiège, je me suis fait une reconnaissance visuelle derrière la Tour d'Aï: pas trop de neige et pas de glace, les conditions idéales pour franchir ce raide passage.
J'accède au col qui se situe entre la Tour d'Aï et de Mayen et là, entourée de mystère, une combe absolument vierge s'offre à moi.
"Entre les Tours", c'est vraiment magique. Un lieu à l'énergie particulière. Avec ces parois de calcaire qui s'élèvent de chaque côté sur 200 mètres, à la verticale, tendue vers ce ciel d'un bleu roi profond.

La suite, je ne vous la raconte pas mais vous invite à la partager si des fois on se rencontrait là-bas l'hiver prochain. Le domaine des trois tours : Tour d'Aï (2331 m), Tour de Mayen (2327 m). Tour de Famelon (2138 m) reste le " spot " à ne pas manquer à Leysin. Pour les amateurs de gros dénivelés, des extensions seront faites jusqu'à Luan, proche de Corbeyrier, et Le Sépey, sur la route des Diablerets. La Tour de Mayen peut être contournée comme celle d'Aï, par' un passage doté d'une chaîne, à négocier avec la concentration habituelle! Cette chaîne, terreur des non-initiés, est pourtant là au cas où... en fait aujourd'hui, elle m'est d'un fameux secours, car je touche sous la poudre fraîche, une traître plaque de glace qui m'enverrait valser sur le lac de l'Hongrin si je ne m'étais pas assuré à celle ci. Ce passage donne accès au " secret spot " de Truex où vous ne risquez pas de voir grand monde - de la vraie "wilderness" à la vaudoise.
Seulement, là-bas vous risquez quand même de voir de gros animaux vêtus de peaux jaunes et des badges de guide qui brillent au soleil. Laissez leur donc un peu de fraîche, car eux sont tombés dedans quand ils étaient petits et ne peuvent plus s'en passer. Merci les gars vous êtes très coooool !
De là deux options: descente ..straight line" sur Brion, en évitant quand même la falaise du même nom, danger ! ... danger! ou rallonger le "run" sur Les Fers afin d'y prendre une pause bien méritée et un repas reconstituant à base de bon fromage bien de chez nous.
Voulez-vous un dernier "tuyau" ? Mais c'est vraiment le dernier, car je dois garder quelques petites combes secrètes à me mettre sous la dent. Voilà, je vous propose de continuer en direction de la Tour de Famelon et de la contourner par la gauche et vous accéderez ainsi au domaine de la Pierre du Moëllé pour terminer sur Solepraz où vous pourrez reprendre le télésiège.
Et si vous voulez vraiment en savoir plus, venez donc aux stages de freeride de AD Ski & Alpinisme "Glacier 3000 " vous fera découvrir le freeride comme vous ne l'avez jamais connu ! Et si cela ne vous suffit pas, nous irons ensemble à Chamonix ou pourquoi pas à Valdez-en Alaska, la Mecque mondiale du freeride Hasta luego ... Amigo

Alan Delizée
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